J'arrive mes amis, j'arrive

  • Par umdp
  • Le 30/09/2016
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Je ne parviens plus à écrire.
Je suis sec, vide. Comme mort à l'intérieur. Totalement creux.
Plus rien ne me passionne ni ne m'enthousiasme. Je ne reconnais plus mon propre corps, gros, lent, avachi : j'ai l'impression qu'il ne m'appartient pas. Je me crois libre car j'ai de l'argent, un boulot, un passeport, une maison dont je suis propriétaire. Sur le papier, j'ai le choix.


Le choix. Il n'en est rien : je suis prisonnier d'un Contrat qui me vole mes jours, me vole mes nuits, me vole ma conscience, me vole mon corps et mon esprit.
Nous devrions être au sommet de notre ambition : nous sommes jeunes, en pleine santé, notre intellect est au maximum de ses capacités ; et pourtant nous gachons tout pour devenir les esclaves modernes du capital. Le salariat, c'est cette chaîne qui s'accroche à mon coeur, ces fers qui maintiennent mes poignets, ces trains et ces avions (que j'emprunte en dépit de mes convictions) et qui m'emmènent loin de toi. Il réduit à néant mon bien le plus précieux : le temps.

Aître Saint Maclou - Rouen

Mon temps avec vous, mon temps avec toi : dilapidé pour le profit d'une personne morale sans autre but que celui de prospérer, gaspillé pour le bien-être de fantômes que je ne connais pas et qui n'en n'ont sans doute pas besoin. Tout ce temps perdu, seul, à vieillir trop vite, à vieillir sans toi, mon amour, alors que nous traversons nos plus belles années. Tout ça pour quoi ? Pour un peu de fric, un peu de fun, un faux statut, un fantasme égoïste, un idéal de profession qui n'existe pas.

Je suis au bout, j'ai fait le tour, je raccroche les gants, j'arrête. Je suis face à un mur : j'ai tellement peur de mourir que j'en suis arrivé à avoir peur de vivre. Soit je m'encastre, soit je le démolis.
A quoi bon le plaisir, s'il est tant dilué ? A quoi bon l'ascèse, si le bonheur n'en est pas la récompense ?
Je ne supporte plus d'être face à moi même et me dire : est-ce bien à ça que tu voulais aboutir ? Est-ce que tous tes choix, toutes ces promesses à toi même et tous ces paris sur l'avenir n'auront mené qu'à ce médiocre résultat ? C'est donc tout ce qu'il y avait à voir ?
Honnêtement, ça ne valait pas le coup de traverser l'enfance, le collège, le lycée, la prépa, la fac, Paris, la fac, la banque pour arriver à cette... désillusion. Cette unique porte en face de moi, qui ne me laisse plus de choix.
Et bien non merde, je veux vivre. Je veux rire et vivre. Je veux chanter et partager. Je veux t'aimer, hier, aujourd'hui et demain. Je veux casser ces chaînes et foutre ce mur à bas. Je veux prouver que cette histoire n'aura pas été vaine.

J'arrive mon amour, j'arrive mes amis. Je démissionne. J'arrive.

 

mensonge

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