Crise

Je suis hantise

Je suis morale

Je suis normale

Et je vous méprise

Sur vous assise

De façon banale

Tout m’est égal

Je suis fictive

 

Je suis dans une démocratie de mauvais goût

Riche maîtresse de peuples à genoux

De ma fortune je vous fascine

Mon corps, enclume, je vous opprime

 

Jamais soumise

Et pleine de rage

Je suis présage

Et je vous déprime

 

Fille imprévisible de riches au pouvoir

Fille offensive, fenêtre pour promouvoir

 

Amour de dirigeants

Pour jeux de dirigés

C’est toujours plus élégant

De se croire concerté

De se croire concerné

 

De croire

 

De croire les vérités

 

Que nous déclament

Nos Chiens de Gardes

De poésies en réclames

Pour que chacun regarde

 

Quand la peur vous gagne

Un besoin s’immisce

La folie pour compagne

Pour trouver justice

 

Je vous enracine dans des principes moraux

Je vous décline, vous vide et vous gonfle d’égo

Oui soyez tristes que je vous console

Soyez moroses, que je vous empoisonne

 

Vous mes esclaves

Dans mes entrailles

Faire du bétail

De vos cerveaux en otage

 

Prenez bien garde

De ne pas rire de tout

Ou je m’infiltre, m’immisce

Pour vous rendre fou

 

Je suis maladie

Mais je suis sociable

Quand le roi m’applaudit

Je me régale

Je ris

Je suis maladie

Occidentale

Je suis maladie

Tellement fatale

 

Pour un peu plus d’hypocrisie

Pour vous cacher l’impardonnable

Pour prendre le contrôle de vos vies

Pour les rendre pitoyables

Pour mettre vos idéaux en sursis

Pour que les plus riches s’installent

Pour qu’il n’y ait plus d’idéologie

Pour faire de vous des êtres instables

 

 

 

Noémie Moal