Saint Malo

J’ai laissé derrière moi, mon pays, ma terre

Les armées du silence et du vide

La ville et ses mirages, ses guerres d’identité,

J’ai pris le parti d’en rire

Plus de sang sur les doigts, ni de cendres au fond de l’âme,

Je vogue vers Shangri-la, la tête creuse et les souliers sales

à l’abri de tes remparts, sous l’ivresse du gai savoir,

Je redeviens libre et candide

 

À St Malo, à St Malo, on pourra lever l’ancre, le départ est pour bientôt

Oh St Malo, oh St Malo, était-il bien nécessaire de brûler mes idéaux ?

À St Malo, à St Malo, les prisonniers se rachètent, et filent incognito

À St Malo, à St Malo, on pourra lever l’ancre, le départ est pour bientôt

 

Brûlée ma lettre de marque, mes honneurs et mes galons

J’affronterai l'océan, sans lanterne ni pavillon

Je remonte à la grand’vergue, la parole à contre-vent

Le couteau serré entre les dents,

Qu’on vienne d’Arras, d’hier ou d’ailleurs,

On a tous un port d’attache, une amarre dans le coeur

Moi j’ai sabordé le passé, je l’ai flanqué par-dessus bord,

Ne cherchez plus le corsaire, il est mort

 

À St Malo, à St Malo, on pourra lever l’ancre, le départ est pour bientôt

Oh St Malo, oh St Malo, était-il bien nécessaire de brûler mes idéaux ?

À St Malo, à St Malo-oh-oh-oh

À St Malo, à St Malo-oh-oh-oh

 

À St Malo, à St Malo, on pourra lever l’ancre, le départ est pour bientôt

Oh St Malo, oh St Malo, était-il bien nécessaire de brûler mes idéaux ?

À St Malo, à St Malo-oh-oh-oh

À St Malo, à St Malo, je retrouve mes idéaux

 

Benjamin Dufossé